Cour d'appel, Paris, Pôle 5, chambre 6, 21 Avril 2017



n° 15/17741

Cour d'appel

Paris
Pôle 5, chambre 6

21 Avril 2017
Répertoire Général : 15/17741

X / Y

Contentieux Judiciaire

Grosses délivrées REPUBLIQUE FRANCAISE
aux parties le : AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
COUR D'APPEL DE PARIS
Pôle 5 - Chambre 6
ARRET DU 21 AVRIL 2017
(n° , 8 pages)
Numéro d'inscription au répertoire général : 15/17741
Décision déférée à la Cour : Jugement du 10 Juillet 2015 -Tribunal de Grande Instance de PARIS - RG n°
14/13616
APPELANTE
Madame Nathalie C.
Née le 19 Mars 1979 à [...]
[...]
[...]
Représentée par Me Bruno R. de la SCP R. - B. - M., avocat au barreau de PARIS, toque : L0050
INTIMEES
SA CREDIT LYONNAIS
RCS LYON 954 509 741
Prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège
[...]
[...]
Représentée et ayant pour avocat plaidant Me André C. de la SCP M. C. C., avocat au barreau de PARIS,
toque : P0159
Société GAN EUROCOURTAGE
RCS PARIS 410 332 738
Prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège
[...]
[...]
Non constituée
Société GROUPAMA
[...]
[...]
Non constituée
Société ALLIANZ IARD
RCS 542 110 291

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Prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège
[...]
[...]
Représentée et ayant pour avocat plaidant Me Jean-Michel B. de la SELAS B.B.C.G. & Associés, avocat au
barreau de PARIS, toque : L0276
COMPOSITION DE LA COUR :
L'affaire a été débattue le 30 Janvier 2017, en audience publique, devant la Cour composée de :
Madame Françoise CHANDELON, Présidente de chambre
M. Marc BAILLY, Conseiller
Madame Muriel GONAND, Conseillère
qui en ont délibéré
Greffier, lors des débats : Madame Josélita COQUIN
ARRET :
- Réputé contradictoire,
- par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans
les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.
- signé par Madame Françoise CHANDELON, président et par Madame Josélita COQUIN, greffier présent
lors du prononcé.
L'agence du Crédit Lyonnais- LCL- du [...] a été cambriolée dans la nuit du 27 au 28 mars 2010. Les voleurs,
utilisant un outillage professionnel, ont forcé le mur de la salle des coffres des particuliers afin d'y avoir accès
et de dérober son contenu.
Mme Nathalie C. louait un coffre fort depuis le 5 septembre 2007.
Les conditions générales du contrat de location du coffre-fort disposent que le locataire du compartiment de
coffre s'interdit de déposer et de conserver dans ce compartiment des biens et objets dont la valeur globale
dépasserait le montant de l'option choisie, en l'espèce la somme de 40 000 euros et qu'en cas de sinistre
prouvé notamment par effraction, l'indemnisation ne saurait être supérieure au montant de l'option choisie.
Elle a fait état de la disparition de certains objets et sommes entreposés dans le coffre à savoir six lingots
d'or d'un kilo chacun, une somme en numéraire de 28 500 euros, une copie de son jugement de divorce, un
exemplaire original de son certificat de nationalité britannique et un document contractuel avec la société
Epiphyte, sans valeur marchande
Mme C. a versé aux débats en première instance pour preuve de la présence des lingots d'or dans son
coffre-fort deux attestations émanant de son compagnon, M. L. et d'une amie, Mme W..
La société LCL était assurée par la société Gan Eurocourtage aux droits de laquelle est venue la société
Allianz Iard à la suite d'un transfert de portefeuille le 1er octobre 2012.
Le cabinet d'expertise Cunningham Lindsey a été mandaté pour instruire et évaluer les demandes
d'indemnisation de ses clients, victimes du sinistre.
Lors d'une réunion d'expertise, ce cabinet a proposé d'indemniser Mme C. à hauteur de la somme de 40 000
euros en précisant que cette proposition avait un caractère commercial, exclusif de toute reconnaissance sur
le contenu du coffre litigieux.
Mme C. n'a pas accepté cette proposition.
C'est dans ces conditions que par actes d'huissier du 3 janvier 2012, Mme C. a fait assigner la société LCL
et la société Gan Eurocourtage devant le tribunal de grande instance de Paris.
Par ordonnance du juge de la mise en état du 24 mai 2013, le sursis à statuer a été ordonné dans l'attente
de l'issue de l'information criminelle ouverte auprès d'un juge d'instruction près du tribunal de grande
instance de Paris, qui a rendu une ordonnance de non-lieu le 11 juillet 2013, faute d'identification des
auteurs.
L'affaire a donc été rétablie au rôle et par un jugement rendu le 10 juillet 2015, le tribunal de grande
instance de Paris a :
- déclaré irrecevables les demandes formées contre la société Gan Eurocourtage,
- déclaré irrecevable l'intervention volontaire de la société Groupama,
- déclaré recevable l'intervention volontaire de la société Allianz Iard,
- débouté Mme Nathalie C. de l'ensemble de ses prétentions,
- débouté les parties de leurs demandes au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile,
- condamné Mme Nathalie C. aux entiers dépens de l'instance,
- dit n'y avoir lieu à exécution provisoire du jugement.

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Mme C. a interjeté appel de cette décision le 25 août 2015.
Par ses dernières conclusions en date du 1er février 2016, Mme Nathalie C. fait valoir :
- à titre principal, que le jugement doit être annulé en application de l'article 455 du code de procédure civile
dès lors que le tribunal ne mentionne pas le nom des magistrats ayant délibéré en violation de l'article 458
du code de procédure civile et qu'il s'est contredit en affirmant que la preuve du préjudice était libre tout en
ne tenant pas compte des attestations produites, en ne se fondant sur aucun motif juridique ou factuel
sérieux, et en ne répondant pas aux conclusions sur le caractère abusif de la clause du contrat de location,
- subsidiairement, que le plafonnement de la réparation du préjudice matériel constituait une clause limitative
de responsabilité même en cas de faute du loueur, abusive, devant donc être réputée non écrite puisque
non conforme aux recommandations de la commission des clauses abusives du 20 mars 1987 et conférant
un avantage excessif à la banque sans qu'elle n'ait obtenu davantage de précisions ou d'informations sur la
faculté de couvrir tout le préjudice en augmentant la redevance, que, par ailleurs, cette clause n'était pas
rédigée de façon claire, laissant place aux confusions de la part de l'appelante, de sorte que le jugement doit
être infirmé et que la clause limitative de responsabilité doit lui être déclarée inopposable,
- à titre infiniment subsidiaire, qu'à supposer même valable ladite clause, la cour devrait la déclarer
inefficace, en application de l'article 1150 du code civil, en raison de la faute lourde de la banque, tenue à
une obligation de résultat sauf force majeure ou faute de la victime, constituée par ses manquements à son
obligation de surveillance des coffres mises en lumière par les investigations dans le cadre de l'instruction
sur l'embauche de vigiles non déclarés par la société prestataire de service, du problème technique affectant
le système d'alarme pendant des travaux et de la défaillance de la vidéo surveillance,
- en tout état de cause, qu'elle justifie de son préjudice y compris matériel et économique par la privation du
produit de l'investissement qu'elle aurait pu réaliser si elle avait eu la disposition de ses lingots équivalent à
cinq fois leur valeur, de sorte qu'elle demande à la cour :
- à titre principal,
- d'annuler le jugement rendu en première instance par le TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Paris en
date du 10 juillet 2015 pour absence d'indication du nom des magistrats en ayant délibéré et défaut de
motivation en fait et en droit,
- à titre subsidiaire,
- de juger réputée non écrite la clause limitative de responsabilité insérée par la banque LCL dans le contrat
de location de coffre-fort établi au profit de Mme Nathalie C.,
En conséquence,
- de juger que la banque LCL est tenue à une réparation intégrale du préjudice subi par Mme C. ensuite de
l'effraction de son coffre-fort dont elle a été victime,
- à titre infiniment subsidiaire,
- de juger que la banque LCL a commis une faute lourde de négligences caractérisées dans son obligation
contractuelle de surveillance,
En conséquence,
- de juger que cette faute lourde, par application de l'article 1150 du code civil , entraîne l'obligation par LCL
de réparer l'entier préjudice subi par Mme C.,
En tout état de cause,
- de condamner la banque LCL à payer à Mme C. les sommes de 268 140 euros en réparation de son
préjudice matériel correspondant à la valeur des lingots d'or à la date du 5 octobre 2012, de 28.500 euros en
réparation de son préjudice matériel et correspondant à la somme numéraire contenue dans le coffre, de 35
euros en réparation de son préjudice matériel et correspondant au coût estimé de délivrance d'une copie de
son jugement de divorce qui se trouvait dans le coffre, de 100 euros en réparation de son préjudice matériel
et correspondant au coût estimé de délivrance d'un exemplaire original de son certificat de nationalité
britannique, de 50.000 euros en réparation de son préjudice moral et affectif, de (268 140 x 5) = 1 340 700
euros au titre d'une perte de chance liée à l'impossibilité d'avoir pu investir ladite somme dans des activités
économiques et financières
- de la condamner à lui payer la somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article 700 du code de
procédure civile,
- de déclarer opposable à la société Gan Eurocourtage le jugement à intervenir,
- d'ordonner l'exécution provisoire de la décision à intervenir.
- de condamner la banque LCL en tous les dépens.
Par ses seules conclusions en date du 9 décembre 2015, la banque LCL fait valoir:

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- qu'il n'existe pas d'élément objectif susceptible de constituer une présomption suffisante de l'existence des
lingots invoquée ou de leur dépôt, que la clause litigieuse détermine l'étendue des obligations contractuelles
des parties et n'est pas une clause limitative de responsabilité, qu'elle n'a pas commis de faute lourde
puisqu'en effet, le système de surveillance n'était pas défaillant mais a été neutralisé, avant l'intrusion, par
des malfaiteurs chevronnés et que le préjudice allégué par Mme C. n'est pas justifié, de sorte qu'elle
demande à la cour :
- de déclarer Mme C. mal fondée en son appel,
- de confirmer en toutes ses dispositions le jugement entrepris rendu par le tribunal le 10 juillet 2015, et ce,
en tout cas en ses dispositions statuant sur les demandes formées par Mme C. contre LCL et les rejetant,
- subsidiairement, et pour le cas ou par extraordinaire la Cour prêterait un moindre effet à l'appel formé par
Mme C. contre LCL,
- de faire droit à l'appel formé par LCL contre les dispositions du jugement entrepris disant n'y avoir lieu à
statuer sur sa demande incidente en garantie contre son assureur de responsabilité, savoir la société Allianz
Iard qui déclare venir aux droits et obligations de Gan Eurocourtage,
- de condamner ladite société Allianz Iard à garantir et relever LCL indemne de toute condamnation en
principal, intérêts, condamnations accessoires et dépens, qui serait par extraordinaire prononcée à son
encontre ou in solidum avec Allianz Iard au profit de Mme C. appelante,
- de réformer en revanche le jugement dont appel en ce qu'il a dit n'y avoir lieu de faire droit aux demandes
d'une quelconque partie sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile , et de condamner
Mme C. à lui payer une indemnité de 6.000 euros à ce titre en application desdites dispositions en première
instance et de la condamner sur le même fondement à payer à LCL une indemnité de même montant au titre
de ses frais irrépétibles en cause d'appel.
Dans ses seules conclusions en date du 9 décembre 2015, Allianz Iard demande fait valoir :
- que les conclusions de l'appelante visent toujours la société Gan Eurocourtage alors que cette dernière a
été radiée du RCS suite au transfert de portefeuille à la société Allianz et que ces conclusions devraient
alors être déclarées nulles par application de l'article 117 du code de procédure civile,
- qu'il n'existe pas d'élément objectif susceptible de constituer une présomption suffisante de l'existence des
lingots invoquée ou de leur dépôt, que la clause litigieuse détermine l'étendue des obligations contractuelles
des parties et n'est pas une clause limitative de responsabilité, que la banque LCL n'a pas commis de faute
lourde. En effet, le système de surveillance ne serait pas défaillant, mais aurait été neutralisé par les
malfaiteurs avant l'intrusion et que le préjudice allégué par Mme C. n'est pas justifié,
- que l'assurance souscrite par la banque LCL auprès d'Allianz est une assurance de dommages, ici
plafonnée à la somme de 40 000 euros, et non d'une assurance de responsabilité civile professionnelle et
qu'en conséquence, en cas de condamnation de la banque LCL, la demande de garantie de cette dernière
auprès d'Allianz serait rejetée, de sorte qu'elle demande à la cour de :
- de confirmer le jugement entrepris en toutes ses dispositions,
- de juger que les conclusions visant Gan Eurocourtage sont nulles et de nul effet,
- d'ordonner la mise hors de cause de la société Groupama et/ou de la société Gan Eurocourtage,
- de débouter Mme C. de ses demandes, fins et conclusions
- subsidiairement,
- de juger que la garantie due par Allianz Iard en sa qualité d'assureur de dommages de la banque LCL est
plafonnée à la somme de 40 000 euros et de débouter LCL de sa demande de garantie pour toute somme
excédant celle-ci,
- en toute hypothèse,
- de condamner Mme C. à payer à Allianz Iard la somme de 6 000 euros au titre de l'article 700 du code de
procédure civile.
Vu l'absence de constitution des sociétés Groupama et Gan Eurocourtage, auxquelles signification de la
déclaration d'appel et des conclusions ont été faites par Mme C. le 19 octobre 2015 par acte extra judiciaire ;
L'ordonnance de clôture a été rendue le 10 janvier 2017.
SUR CE
Sur la demande tendant à la nullité du jugement entrepris
En conformité avec les articles 454, 458 et 786 du code de procédure civile, le jugement mentionne que le
juge chargé du rapport, qui a tenu seul l'audience sans opposition des conseils de parties, en a rendu
compte aux autres membres du tribunal dont les noms sont dûment indiqués.
C'est vainement qu'il est soutenu que la motivation du jugement serait insuffisante ou contradictoire alors

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que l'affirmation du tribunal, selon laquelle la preuve du contenu du coffre-fort loué est libre, puis le fait, que
par des motifs parfaitement intelligibles et étayés, le tribunal n'a pas retenu qu'une telle preuve était
rapportée ne s'opposent en rien tant, d'une part, la détermination en droit des règles de l'administration de la
preuve et, d'autre part, l'appréciation concrète de la force probante des pièces versées aux débats sont
distinctes.
C'est encore à mauvais escient qu'il est reproché au tribunal de s'être abstenu de se prononcer sur le
caractère abusif de la clause du contrat de nature à restreindre le droit à indemnisation puisque, dès lors
qu'il a pas été retenu que la preuve d'un préjudice quelconque était rapportée, cette recherche n'était plus
utile à la solution du litige.
En conséquence, il y a lieu de rejeter la demande tendant à l'annulation du jugement.
Sur la demande de nullité demandes conclusions visant la société Gan Eurocourtage
C'est à juste titre que le tribunal a déclaré irrecevables - et non pas nulles comme le sollicite la société
Allianz dès lors qu'il ne s'agit pas d'un défaut de capacité ou de représentation -les conclusions de Mme C.
visant à voir déclarer l'arrêt à venir opposable à la société Gan Eurocourtage puisqu'outre le fait que ce type
de demande à l'encontre d'une partie au procès est sans portée juridique particulière, elle se heurte en outre
en l'espèce aux effets de sa radiation du registre du commerce par suite de l'acquisition de son portefeuille
de contrats par la société Allianz Iard.
Sur la demande d'indemnisation
Il est constant que l'agence de l'[...] de la banque LCL a fait l'objet d'un vol en réunion avec effraction dont
les auteurs n'ont pu être appréhendés dans la nuit du 27 au 28 mars 2010, au cours duquel, parmi d'autres,
le coffre-fort loué par Mme Nathalie C. a été forcé.
C'est à bon droit que le tribunal a retenu le principe de la responsabilité contractuelle de la banque en sa
qualité de loueur de coffre-fort et la liberté de la preuve de son contenu dont bénéficie Mme C., au
demeurant rappelée - mais seulement partiellement sans que cela ne limite cette liberté - par le contrat
lui-même qui prévoit qu'elle peut le faire 'par tout les moyens en son pouvoir, notamment par la production
des documents justificatifs en sa possession et particulièrement pour les bons de caisse, bons d'épargne ou
bon du trésor, par les numéros desdits bons, pour les lingots d'or, par les certificats d'essai'.
Cette liberté de la preuve ne signifie toutefois évidemment pas que la simple déclaration du titulaire du
contrat de coffre-fort suffit à établir le contenu dérobé d'un coffre et il lui appartient d'apporter des
présomptions graves, précises et concordantes, y compris par témoignage, permettant de convaincre.
Or, c'est à juste titre que le tribunal a relevé, en dehors de l'absence de tout document écrit sur l'existence et
la transmission des lingots d'or que Mme C. affirme lui venir de sa grand-mère, que l'attestation de M. L.,
compagnon de l'appelante, qui relate le dépôt de ce qui lui a été présenté par elle comme des lingots, trois
années avant le vol alors que le client conserve la faculté d'accéder au coffre et la seconde attestation de
Mme W., qui se résument à exclusivement rapporter les propos de Mme C. sur la réception de lingots de sa
grand-mère, leur dépôt dans une banque puis leur vol ne constituent pas des éléments suffisant à présumer
raisonnablement de l'existence, du dépôt et donc du vol des dits biens.
En conséquence, le jugement doit être confirmé sur ce point, concernant tant la valeur vénale des lingots
que le prétendu préjudice économique résultant de la privation de leur jouissance.
En revanche, il doit être fait droit à la demande, désormais formée en cause d'appel par Mme Nathalie C.,
relative à l'indemnisation de la perte de son certificat de nationalité britannique et à la copie de son jugement
de divorce, dans la mesure respective de 100 et 35 euros ainsi qu'à celle visant à l'indemnisation résultant
de la soustraction de la somme contenue en numéraire dans le dit coffre à hauteur de 28 500 euros.
Il n'est pas justifié, en dehors de ces condamnations, d'un préjudice moral qui donnerait lieu à réparation,
Mme C. étant donc déboutée du surplus de ses prétentions.
Les condamnations n'excédant ni la valeur globale maximale déclarée à la banque par Mme C. ni le montant
de la somme assurée par la société Allianz Iard -qui doit être condamnée à garantir la banque-, les débats
sur le plafonnement de la réparation ou de l'indemnité d'assurance sont sans conséquences que la solution
du présent litige.
Il y a lieu de condamner la société LCL à payer à Mme C. la somme de 3 000 euros en application de l'article
700 du code de procédure civile, sans qu'il n'y ait lieu à autre condamnation de ce chef.
PAR CES MOTIFS
Déboute Mme Nathalie C. de sa demande tendant à voir déclaré nul le jugement entrepris ;
Confirme le jugement entrepris en ce qu'il a déclaré irrecevables les demandes formées contre la société
Gan Eurocourtage, irrecevable l'intervention volontaire de la société Groupama, recevable l'intervention

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volontaire de la société Allianz Iard et en ce qu'il a débouté Mme Nathalie C. de sa demande d'indemnsiation
du chef du vol des lingots d'or ;
Le réformant pour le surplus et y ajoutant,
Condamne la société LCL Le Crédit Lyonnais à payer à Mme Nathalie C. la somme de 28 635 euros de
dommages-intérêts ;
Condamne la société Allianz Iard à garantir la société LCL Le Crédit Lyonnais de toutes condamnations de
cette dernière au profit de Mme Nathalie C. ;
Déboute Mme Nathalie C. du surplus de ses demandes ;
Condamne la société LCL Le Crédit Lyonnais à payer à Mme Nathalie C. la somme de 3 000 euros en
application de l'article 700 du code de procédure civile ;
Dit n'y avoir lieu à d'autres condamnations au titre des frais irrépétibles ;
Condamne les sociétés LCL Le Crédit Lyonnais et Allianz Iard aux entiers dépens.

LE GREFFIER LE PRÉSIDENT

Décision(s) antérieure(s)

Tribunal de Grande InstancePARIS10 Juillet 2015 14/13616

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