Cour d'appel, Besançon, 1re chambre civile et commerciale, 14 Février 2017



16/00032

Cour d'appel

Besançon
1re chambre civile et commerciale

14 Février 2017
Numéro de rôle : 16/00032

X / Y

Contentieux Judiciaire

ARRÊT N°

LM/CB

COUR D'APPEL DE BESANÇON

- 172 501 116 00013 -

ARRÊT DU 14 FEVRIER 2017

PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE ET COMMERCIALE

Contradictoire

Audience publique

du 10 janvier 2017

N° de rôle : 16/00032

S/appel d'une décision

du tribunal de grande instance de VESOUL

en date du 10 novembre 2015 [RG N° 14/00809]

Code affaire : 51B

Demande tendant à l'exécution des autres obligations du locataire et/ou tendant à faire prononcer la
résiliation pour inexécution de ces obligations et ordonner l'expulsion

Bruno J., Yannick J., Hervé M., GAEC M. J. C/ Michel M., Flavien M.

PARTIES EN CAUSE :

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Monsieur Bruno J.

né le 16 Mars 1968 à [...],

demeurant [...]

Monsieur Yannick J.

né le 25 Septembre 1972 à [...],

demeurant [...]

Monsieur Hervé M.

né le 18 Septembre 1983 à [...],

demeurant [...]

GAEC M. J.

dont le siège est sis [...]

APPELANTS

Représentés par Me Bruno G., avocat au barreau de BESANCON

et Me Françoise V., avocat au barreau de DIJON

ET :

Monsieur Michel M.

demeurant [...]

Maître Flavien M. intervenant aux lieu et place de Jean-Claude M., ès qualités de Commissaire à l'éxécution
du plan de Monsieur Michel M.

demeurant [...]

INTIMÉS

Représentés par la SCP P. L. V., avocats au barreau de HAUTE-SAONE

COMPOSITION DE LA COUR :

Lors des débats :

PRÉSIDENT : Monsieur Edouard MAZARIN, Président de chambre.

ASSESSEURS : Madame D. ECOCHARD et Monsieur L. MARCEL (magistrat rapporteur), Conseillers.

GREFFIER : Madame D. BOROWSKI, Greffier.

lors du délibéré :

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PRÉSIDENT : Monsieur Edouard MAZARIN, Président de chambre

ASSESSEURS :Madame D. ECOCHARD et Monsieur L. MARCEL, Conseillers.

L'affaire, plaidée à l'audience du 10 janvier 2017 a été mise en délibéré au 14 février 2017. Les parties ont
été avisées qu'à cette date l'arrêt serait rendu par mise à disposition au greffe.

Faits, procédure et prétentions des parties

M. Michel M., exploitant agricole, a été placé en redressement judiciaire par jugement du tribunal de grande
instance de Vesoul du 23 juin 2009. Par décision de la même juridiction en date du 22 juin 2010, il a été
admis au bénéfice d'un plan de redressement judiciaire sur dix ans.

Se prévalant d'un courrier adressé le 8 février 2013 au mandataire judiciaire par le Gaec M.-J., par MM.
Bruno et Yannick J., et par M. Hervé M., M. Michel M. et M. Flavien M. agissant en qualité de commissaire à
l'exécution du plan, ont fait assigner ces derniers devant le tribunal de grande instance de Vesoul qui, par
jugement rendu le 10 novembre 2015 les a condamné in solidum à se substituer à M. Michel M. dans
l'exécution du plan de redressement judiciaire dès son échéance de juin 2014, y comprise et à leur à payer
2.000



au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Par déclaration enregistrée le 6 janvier 2016 le Gaec M.-J., MM. Bruno et Yannick J. et M. Hervé M. ont
relevé appel de cette décision et, dans leurs dernières écritures déposées le 15 juillet 2016, ils demandent :

- à titre principal de l'infirmer et de débouter M. Michel M. et M. Flavien M. ès qualités de toutes leurs
prétentions et de les condamner in solidum à rembourser au Gaec M.-M. la somme de 60.480,84



outre les

intérêts à compter de leur date de paiement,

- à titre subsidiaire de constater l'ensemble des manquements de M. Michel M. et de prononcer la nullité des
engagements pour inexécution des dispositions et vice du consentement,

- en tout état de cause, de condamner in solidum les intimés à leur payer 2.500



au titre de l'article 700 du

code procédure civile ainsi qu'aux dépens avec distraction au profit de Maître G., avocat, conformément à
l'article 699 du code précité.

Dans leurs dernières conclusions déposées le 17 mai 2016, M. Michel M. et M. Flavien M. ès qualités
concluent à la confirmation de la décision querellée et à la condamnation des appelants à leur verser 3.000



au titre de l'article 700 du code de procédure civile ainsi qu'aux dépens avec droit pour la Scp d'avocats
P.-L.-V. de se prévaloir des dispositions de l'article 699 du code précité.

Pour l'exposé complet des moyens des parties, la Cour se réfère à leurs dernières conclusions susvisées,
conformément aux dispositions de l'article 455 du code de procédure civile.

L'ordonnance de clôture a été rendue le 20 décembre 2016.

Motifs de la décision

Attendu que par jugement du 22 juin 2010, le tribunal de grande instance de Vesoul a arrêté le plan de
redressement de M. Michel M., exploitant agricole, et en a fixé la durée à 10 ans, M. Jean-Claude M. étant
désigné en qualité de commissaire à l'exécution du plan ;

Attendu qu'il résulte des éléments produits aux débats, qu'après négociations, le Gaec M.-J. a adressé à M.
M., le 8 février 2013, un courrier dans lequel il proposait :

- d'intégrer M. Michel M. dans le groupement en qualité d'associé jusqu'à son départ en retraite, ses parts

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étant ensuite rachetées par M. Hervé M.,

- de recevoir en apports en nature les biens agricoles appartenant à M. Michel M. (matériel, installations,
etc...),

- de prendre en location les terres jusque là prises à bail par M. Michel M. et son épouse,

- de souscrire un emprunt à hauteur de 248.000



pour payer le plan de redressement, les honoraires du

commissaire à l'exécution de ce plan et les autres dettes de M. Michel M..

Attendu que par lettre du 13 février 2013 , le commissaire à l'exécution du plan a informé le Gaec M.-J. de la
somme à verser pour solder le passif de M. Michel M. et pour pouvoir saisir le tribunal d'une demande visant
à faire constater l'achèvement du plan de redressement ;

Attendu qu'il est avéré qu'après avoir reçu un début d'exécution, le projet a cessé d'être mis en oeuvre ; qu'à
la suite de cet échec, M. Michel M. et M. Flavien M., intervenant en lieu et place de M. M. en qualité de
commissaire à l'exécution du plan, ont saisi le tribunal de grande instance de Vesoul aux fins de voir
condamner in solidum le Gaec M.-J., ses associés et M. Hervé M. à se substituer dans l'exécution du plan à
M. Michel M. selon les modalités déterminées dans la lettre du 8 février 2013 ;

Attendu que la substitution proposée dans le courrier dont s'agit consistait pour le Gaec M. -J. à verser
chaque année et aux échéances fixées, à M. Michel M., les redevances telles qu'arrêtées dans le plan avec,
en sus, la quote-part annuelle des frais et honoraires du commissaire au plan, à charge pour le débiteur de
les rétrocéder à celui-ci ; que les premiers juges ont fait droit à cette demande en se fondant sur les
dispositions de l'article 1134 du code civil ;

Attendu qu'en application des dispositions d'ordre public de l'article L.626-26 du code de commerce, une
modification substantielle dans les objectifs et les moyens du plan ne peut être décidée que par le tribunal
compétent pour ce faire, à la demande du chef d'entreprise et sur le rapport du commissaire à l'exécution du
plan, la juridiction statuant après avoir recueilli l'avis du ministère public et après avoir entendu les
représentants du comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel ;

Attendu que la proposition formulée par le Gaec M.-J. avait pour conséquence de modifier de façon
substantielle l'économie générale du plan, M. Michel M. cessant en effet d'exploiter personnellement ses
terres et cédant au Gaec M.-J. ses baux et matériels ; que la réussite du plan aurait dès lors dépendu non
plus du débiteur mais du seul groupement, tiers à la procédure collective ; qu'il s'ensuit que les premiers
juges, saisis selon la procédure de droit commun, ne pouvaient, sans contrevenir aux dispositions sus-citées
du code de commerce, faire droit à la demande formée par M. Michel M. et par le commissaire à l'exécution
du plan ; qu'il y a lieu en conséquence d'infirmer le jugement entrepris sur ce point ;

* Sur la demande en remboursement de prêts formée par le Gaec M.-J.

Attendu que le Gaec M.-J. prétend avoir prêté en 2013 à M. Michel M. les sommes de 30.684,77



et de

29.796,07



dont il réclame aujourd'hui le remboursement ;

Attendu que pour fonder sa prétention, il produit un extrait de son grand-livre comptable et une lettre
manuscrite signée de M. Michel M. ; qu'aucune de ces pièces ne permet cependant d'administrer la preuve
de l'existence d'un prêt au sens des articles 1892 et suivants du code civil ; que dès lors la décision
querellée sera approuvée en ce qu'elle a débouté le Gaec M.-J. de ce chef de demande ;

* Sur les mesures accessoires

Attendu que le jugement déféré sera infirmé en ses dispositions relatives aux frais irrépétibles et aux dépens
; que M. Michel M. et M. Flavien M. pris en sa qualité de commissaire à l'exécution du plan qui succombent,
supporteront les dépens de première instance et d'appel ; qu'aucune considération tirée de l'équité ne

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PAR CES MOTIFS

La cour, statuant par arrêt contradictoire, après débats en audience publique et en avoir délibéré
conformément à la loi,

Infirme le jugement rendu le 10 novembre 2015 par le tribunal de grande instance de Vesoul sauf en ce
qu'il a débouté le Gaec M.-J. de sa demande de remboursements de prêts.

Statuant à nouveau sur les chefs infirmés et y ajoutant,

Déboute M. Michel M. et M. Flavien M., pris en sa qualité de commissaire à l'exécution du plan, de leur
demande visant à voir condamner in solidum le Gaec M.-J., MM. Bruno et Yannick J. et M. Hervé M. à se
substituer à M. Michel M. dans l'exécution de son plan de redressement.

Rejette les demandes formées en application de l'article 700 du code de procédure civile.

Condamne M. Michel M. et M. Flavien M., pris en sa qualité de commissaire à l'exécution du plan, aux
dépens de première instance et d'appel avec, pour ces derniers, droit pour Maître G., avocat, de se prévaloir
de l'article 699 du code de procédure civile.

Ledit arrêt a été signé par M. Edouard Mazarin, président de chambre, magistrat ayant participé au délibéré,
et par Mme Dominique Borowski, greffier.

Le Greffier, le Président de chambre

Décision antérieure

tribunal de grande instanceVESOUL10 Novembre 2015 14/00809

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